Etats Generaux de l’industrie à Troyes : Résumé de la réunion


Le 1er Décembre 2009, à eu lieu à Troyes dans le cadre des « Etats Généraux de l’Industrie » une réunion de travail afin d’identifier à l’échelon local les pistes de développement économique. Cet événement de 2H15 (14h30/17H) réunissait une quarantaine d’institutionnels (CCI, Région, Département), chefs d’entreprises, représentants des principaux secteurs d’activités, formation, etc…

L’objectif de cette réunion est d’établir un diagnostic économique et plus particulièrement d’identifier les freins et les leviers que l’on peut actionner.

Le cadre de la discussion

Les thématiques :

    Afin d’établir le cadre du débat, l’animateur de la CCI a commencé par exposer brièvement les derniers résultats chiffrés de l’économie. Nombre d’entreprises, Secteurs d’activités, emploi, chômage, indices sectoriels, et des indicateurs comme le moral des chefs d’entreprise (voir le site de la CCI).Ces données consultables sur le site de la CCI sont aussi disponibles sur le site :www.etatsgeneraux.industrie.gouv.fr.Les thématiques abordées par les états généraux de l’industrie sont au nombre de six :
  • Problématiques de filières
  • Innovation et entrepreneuriat
  • Accès aux financement
  • Emploi et formations
  • Compétitivité et croissance verte
  • Secteurs spécifiques (Biens intermédiaires, Automobiles, et éco-industries)

L’assemblée :

    Les thématiques abordées lors des débats (forts nombreuses) couplées au grand nombre des participants laissait craindre un jaillissement d’idées les plus disparates et contradictoires. Il n’en fut rien. La séance fut calme et les échanges posés.

Les idées à retenir :

Sur les douze idées émises,  j’ai retenu trois thématiques : les freins, l’ignorance et l’attractivité du territoire,

Les freins :

    Le premier des freins relevé a été le taux de taxation des entreprises estimé à 16,16% alors que la moyenne européenne serait de 9.9%. Le delta de 7% étant relativement grand, il a été opposé la faible marge de manœuvre que l’Etat et les différents partenaires avait à leur disposition. Deuxièmement, L’urgence de la situation est le financement des entreprises. Les entreprises et plus particulièrement les PME ont des difficultés à avoir accès aux crédits. Cette difficulté ne doit pas oublier qu’elle se conjugue avec la sous-capitalisation des entreprises.

    Dominance de la logique de branche (Matières premières) sur celle des filières (marché). Cette dominance à la a référence au code APE fausse la prise de décision et ne reflète pas la réalité économique de l’entreprise, ni de son potentiel. Pour certains le code sert d’alibi permettant aux banques de se désengager de certains secteurs d’activités.

    Confusion sur la notion d’Innovation et de freins purement psychologiques à relever. Pour C.G, l’Innovation peut être définie comme la conjonction d’un besoin, savoir de l’entreprise et un désir d’innover. Il relève de grandes nécessités : de liberté, de prise de risque, de désobéissance et la nécessité d’avoir foi dans l’avenir.

    Rapprochement Université – Recherche – PME un des thèmes récurant est le déficit de chercheurs dans les PME. A cette occasion, le responsable du Réseau Retis de l’UTT a dû revenir sur le rôle de celui-ci au sein du département ainsi que ses compétences.

    La complexité des dossiers de financements de l’innovation, est un autre thème qui est remonté . Trop lourd, trop fastidieux, les chefs d’entreprises sont rétifs à s’investir dans la constitution des dossiers de financements. Sous-jacent à cet élément, un autre effet pervers a été mentionné : le conditionnement des prêt bancaires à l’octroi des aides et subventions accordées et obtenues. Soulignant ainsi le faible risque pris par les banques et les assurances.

    Enfin pour terminer sur l’innovation, il a été ajouté que le terme innovation était trop associé à l’innovation de rupture. Et que les entreprises attendait des gains beaucoup trop élevés. Alors qu’en Allemagne et Italie, les entreprises investissaient dans l’innovation pour des gains allant de 1 à 3 %.

    La formation est un axe essentiel pour que l’industrie continue d’exister. Or elle a un coût pour la collectivité et la fuite des cerveaux est un handicap important. Des ponts doivent toujours être créées entre les entreprises et les centres de formations (universités, UTT, ESC, Lycée, formation continue). La crise à cependant mis à mal les fonds alloués à la formation (DIF et FONGECIF). Par conséquent les personnes qui en ont le plus besoin sont celles qui en profite le moins. Le secteur industriel et plus particulièrement le secteur automobile et les équipementiers, sont les plus exposés. En effet les délais imposés par les donneurs d’ordre ne permettent pas aux entreprises de planifier des jours de congés formation.

    Si les salariés doivent être formés, quand et comment le manager peut il aussi utiliser ce droit ?

    Un autre élément a été soulevé : l’appétence des jeunes pour la maçonnerie ou les métiers manuels au détriment de l’industrie. Dans ce domaine il n’est pas impossible que l’histoire économique récente ait joué un grand rôle dans cette évolution. Les enfants de salariés de l’industrie ayant vu disparaître ce secteur d’activité, la concurrence féroce dans les niveaux supérieurs les ont peut-être conduit à choisir des voies plus faciles d’accès tant par leur coût que la proximité des centres de formation. L’autre explication possible étant le succès de la publicité pour les métiers de l’artisanat.

    Enfin pour terminer, un représentant des équipementiers automobiles locaux a rappelé que les États généraux de l’automobile avait profité aux principaux acteurs nationaux mais pas du tout aux équipementiers. Et que dans le domaine la situation était pire qu’avant, les effets pervers des enchères inversés tiraient encore vers le bas les sous-traitants.

L’ignorance

    Au fil des discussions, une autre forte tendance c’est affirmée, la mécon-naissance du rôle et des acteurs économiques, que ce soit au niveau local, régional et national.Ainsi comme cité plus haut, le rôle et les formations de l’UTT était très mal connu par les principaux acteurs, ainsi que sa logique de fonctionnement. Ce qui se traduisait par une incompréhension, un questionnement faussé et une attente erronée de la part des PME locales.Exemple : Demande de création d’une Hotline scientifique sur l’usage des molécules ?
    De même, à l’égard de l’innovation, le représentant de la région à souligné la faible quantité de dossiers déposés et les crédits non affectés.

L’attractivité du territoire

    Sous ce terme générique, j’ai voulu mettre les idées qui n’entraient pas complètement dans les catégories précédentes. En effet, l’Aube et plus généralement la Champagne peine à garder ses habitants et plus encore ses forts potentiels. Elle peine plus encore à attirer au sein des entreprises des cadres parisiens. Pourtant, le territoire ne peut être auto-suffisant, il doit pour cela aussi attirer des populations extérieures et renforcer son attractivité. Pour M. Le Préfet, L’Aube a toujours regardé vers l’Ouest et plus particulièrement Paris. Peut être qu’elle devrait aussi regarder vers le Sud et l’Est ?.Le territoire a des atouts, il doit sortir de son isolement et s’investir aussi dans une stratégie de développement territorial dans la mesure où le vieillissement de la population et la pyramide des âges auront un impact certain sur la population salariée.

Conclusion :

    La baisse des charges ayant eu un assentiment relativement fort, un autre aspect a trouvé un fort écho : le traitement au niveau local des problématiques de financement, afin que tous les aspects du développement puissent être pris en compte. Un autre consensus a aussi été admis, le problème n’était pas financier, « l’argent est là ». C’est un problème de paradigme et de règles. Il faut « Penser autrement et changer les règles ».
    Sur ce point C.G a été le plus prolixe en mots clés et en pistes de solutions. Pour lui les freins avant tout psychologiques, peuvent être levés si des mots clés comme exportations et innovations ne sont plus considérés comme des « gros mots ». Pour reprendre une de ses images, en Chine, un Ingénieur est un Héros National en France un Ingénieur qui se dirige dans l’industrie est un imbécile. Il faut fabriquer des héros.De même le discours politique doit être changé, il faut arrêter la victimisation permanente des individus et remettre en avant la culture du risque et mettre fin à la sanction de l’échec. Il faut se décomplexer et aller à la conquête de nouveaux marchés, exporter, conquérir de nouvelles libertés. Sur le plan financier, les banques et les assureurs doivent rejouer leur rôle. Les Banques doivent se conduire en partenaires et les soutenir dans leurs actions.
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