Infobésité : Interview de Patrick Neveu (Mise à jour)


Pourquoi peut-on parler aujourd’hui d’infobésité cognitive ?

Le terme est en effet plus que jamais d’actualité parce que l’homme a soif de connaissance !


Je parlerai d’info-ivresse qui grise l’être humain en lui donnant la sensation de maîtriser. Mais j’aime bien le terme d’infobésité qui suggère le fait que nous voulons digérer pleins d’informations, une certaine quantité est inutile et nous gène dans nos actions et projets au quotidien. Cela désigne alors le 
sur plus d’informations que nous recevons chaque jour et qui finalement a un impact négatif sur notre travail et sur la productivité globale des entreprises. Nous ne pouvons plus tout savoir sur tout. Cette époque est révolue. La quantité de savoir se multiplie tous « les jours ».

Comment se développe cette infobésité ?

Par la confusion entre information et connaissance !
La notion « d’infobésité cognitive » contient la principale confusion qui conduit au surplus ou surpoids. L’information n’est pas la connaissance. Elle le devient quand l’individu assimile une information dans son cerveau et précisément dans sa structure cognitive déjà en place. Parce que l’homme a soif de connaissance. IL pompe le maximum d’information pour se rassurer mais il ne peut pas tout transformer en connaissance utile.

Les être humains échangent de l’information, du savoir mais pas de la connaissance. Le savoir est un ensemble d’informations validées socialement. La connaissance est appropriation de savoir par un individu et comme chacun est unique, chaque appropriation de savoir est unique. Aujourd’hui nous savons comment maîtriser ce processus d’appropriation et faire en sorte que la connaissance fabriquée soit proche du savoir attendu. Les objectifs doivent être très clairs afin de trier les informations utiles dès le départ,. Alors nous guérirons de l’infobesité cognitive.

Et concrètement, comment peut-on la maîtriser ou en guérir ?

Nous pouvons la maîtriser en se fixant un objectif et en se posant 2 questions :

  • Qu’est-que je veux savoir ?

  • Qu’est-que qui me sera utile ?

Pour réussir cette étape, il est primordial d’utiliser sur des outils qui s’appuient sur le fonctionnement naturel du cerveau. Notre cerveau traite l’information de manière non linéaire en combinant des visions rationnelles et émotionnelles, analytique et synthétiques, analogiques et digitales. Tout ceci, forme une structure non linéaire que nous représentons sous forme de réseau de connaissance. Par conséquent, nous choisissons la méthodologie de la visualisation de l’information qui nous aide à traiter beaucoup plus facilement l’information.

Parmi les outils de la visualisation, il en existe deux grands types qui proviennent tout d’eux du même processus, celui de la cartographie de l’information mais qui ont des usages et des finalités distincts:

  • La carte heuristique (connu aussi sous le terme anglais de mindmap) qui est un déploiement d’idée à partir d’un sujet central.
  • La carte conceptuelle (connu aussi sous le terme anglais de concept map) qui offre une représentation sous forme de réseau avec des liens entre les idées et concepts

La technique du Mind Mapping permet donc de créer des maps ou des cartes heuristiques. C’est l’outil le plus facile à prendre en main et le plus approprié pour traiter l’infobésité.

En effet, le Mind Mapping est une technique de représentation arborescente et graphique de ses idées, connaissances, qui est basée sur la pensée irradiante. C’est dans les années 70 qu’un psychologue Anglais Tony Buzan formalise cette technique. Il est très utile pour partir a la découverte de ses idées, de ses connaissances (pensée divergente) et également pouvoir les structurer (pensée convergente). L’ajout de caractéristiques à l’information comme des images, couleurs, formes, mots clés, mouvement va permettre au cerveau de traiter l’information plus rapidement de la mémoriser à plus long terme. Le principe d’association et de connexion qu’à le cerveau pour traiter l’information est le même utilisé par le Mind Mapping. C’est pourquoi nous parlons de nos jours d’un Bio outil… Il permet également de séparer les 2 étapes cognitives opposées de divergence et convergence afin d’être plus efficace dans chaque étape.

Pour faire une carte, il faut avoir un objectif ! sinon votre carte souffrira également d’obésité spatiale. Sans objectif, nous aurons tendance à vouloir tout cartographier ! impossible ! Il faut se mettre des limites, des frontières comme sur les cartes routières. Si vous partez en vacances en Espagne, il sera plus pertinent de prendre une carte d’Espagne qu’une carte du monde.

Donc en résumé :

  • Pour guérir de l’infobésité cognitive : se fixer des objectifs clairs et précis.
  • Pour la maîtriser, recourir à la cartographie d’information avec le Mind Mapping pour accélérer le traitement de l’information et y voir clair grâce à une représentation visuelle.

Quels usages pour les professionnels de l’info ?

Avant tout, pour moi, un professionnel de l’info, c’est une personne qui doit communiquer pour obtenir des autres l’action souhaitée : ce n’est pas donc seulement un professionnel de la veille, c’est le dirigeant, le manager, le chef de projet, le responsable d’équipe….

Les usages sont à la fois personnels et collaboratifs : animation brainstorming, analyse d’un problème, recherche de solutions, prise de décision, suivi de projet, évaluation, émergence des idées, définition d’objectifs, organisation de veille d’informations. Il peut se pratiquer à la main ou aves des logiciels proposant chacun des options différentes. Il en existe une multitude sur le marché et pour tous les budgets..

Demain ? Ira-t-on vers plus d’information ?

Tant que le savoir croit, la quantité d’information augmente. Nous sommes dans l’instant ou créativité et l’innovation rythment nos actions. Créativité et innovation sont la source des nouvelles informations utiles pour l’entreprise. Donc oui, sans « régime », nous allons devenir de plus en plus « infobèses ».

Les conséquences : augmentation du temps consacré à l’information, nous vivons aujourd’hui dans une société de l’information du savoir, de la connaissance. A nous d’apprendre à gérer notre capital intellectuel en choisissant les meilleurs « actifs ».

Pour découvrir plus en détails ces outils et méthodologies visuels et leurs bénéfices pour l’être humain et les organisations, je vous invite à suivre le blog de Signos sur le Management visuel http://www.signos.fr/blog-signosfr/

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