Economie du Web (1ere partie)


Introduction
 
Les cinq documents proposés à l’étude de ce cours sur l’économie du Web présentent comme caractéristiques communes d’être didactique. Par l’objet même de leur vocation, les auteurs tentent de nous donner des clés de décryptage sur l »environnement économique, des acteurs et des relations qu’ils entretiennent.
  
C’est pourquoi les documents doivent être vus comme des supports d’aide. Les simplifications que nous pourrions leur reprocher n’ont pour but de ne pas complexifier plus que de raison, lors de l’étape d’acquisition. Cependant, par touche, ils esquissent la complexité et invitent les apprenants à s’investir.
 
1. Une économie en construction
 
Reconnaître que l’économie de l’information est une économie en construction est déjà une petite révolution.  Révolution pour l’économie, car elle fait entrer dans son champs d’investigation des éléments qui jusqu’à présent était exclus, Essentiellement basés sur les flux de matières premières, produits semi-finis, produits finis pui peu à peu ont intégrer les flux financiers. Les flux informationnels étant réduits sur le plan économique à une portion congrue, des éléments d’achats de contrats publics. Les chercheurs de ces disciplines préférant être associés à des centres d’intérêts plus nobles.
 

« Pendant longtemps les économistes ont considéré la culture et l’information comme extérieures à leur champ ou au mieux, comme une activité marginale et exotique. Ces réticences ont été partagées par nombre de  professionnels de l’information et de la culture qui préféraient mettre en avant les aspects nobles de leur activité : la création, la démocratie, le savoir, plutôt que les choix budgétaires plus terre-à-terre ou, pire, les logiques « mercantiles » qui les guidaient ou les accompagnaient et auxquelles ils étaient soumis. L’économie était, et est encore bien souvent, considérée comme un poids, que l’on doit subir et qui vient perturber  le déroulement naturel de l’activité. »

C’est pourquoi, les définitions associées aux différentes disciplines présentent des variantes. Elles laissent aussi des « trous » dans leurs différents champs d’investigations.
 
L’explosion des industries et technologies de l’information, pour reprendre l’expression consacrée, a mis relief plusieurs éléments. Le caractère industriel de la production de l’information met en avant des pans entiers de connaissances et savoir faire pouvant faire l’objet de négociations commerciales. Sémantique, sémiologie, traitement du signal, algorithmie, ergonomie logiciel, interfaces homme-machine, pour ne citer ces quelques disciplines. Disciplines pouvant faire l’objet de brevets, de contrats…. 

 

« Du côté des professionnels, la montée des industries culturelles d’abord, puis tout récemment l’explosion des industries de l’information ont conduit aussi à repenser les stratégies. Il a bien fallu admettre que ces activités ne relevaient pas simplement d’institutions publiques ou d’une motivation individuelle financièrement désintéressée, même si ces deux dynamiques y jouaient un rôle décisif. »

L’économie de l’information étant devenue globale, l’échiquier des enjeux l’est devenu tout autant. Le premier document nous donne donc une tentative de décryptage des trois systèmes économiques existant et s’influençant l’un l’autre.
  • L’économie de la culture
L’économie de la culture guidé jusqu’à par les Ministères de la Culture a pris un nouvel essor avec la notion de « Soft power » et ses différentes implications comme « l’influence » et le storytelling et son appropriation par le monde de l’entreprise. Des notions mêmes qui relevaient de l’espace public, des droits régaliens des Etats comme la diplomatie trouvent un écho dans le monde de l’entreprise.
 
Elle donne un nouvel écho aux musées, en leur permettant de s’internationaliser, le Louvre-Lens, Le Louvre à Abou d’Abi et de multiplier les politiques de mécénats et de partenariats entre différentes institutions. Partenariats qui peuvent déboucher sur de nouvelles licences d’exploitations pour des produits dérivés, ou de mises en place de politique de sauvegarde ou de restauration, de lutte contre le pillage, vol ou criminalité.
 
  • L ‘économie de l’information
L’économie de l’information fait l’objet d’une attention particulière  et depuis longtemps de la part de nombreux Prix Nobel. Dans le domaine les théories et les voies de recherche sont nombreuses mais elles ont tendance à converger. Asymétrie de l’information, théorie des jeux, transforment substantiellement l’économie du Xxème siècle, parlant aujourd’hui de l’économie immatérielle, faisant la part belle à la propriété intellectuelle aux brevets.
  • L’économie de partage
L’économie de partage, jusque là très marginale et circonscrite à quelques domaines pendant les années 70 et 80 (mouvements hippies, associations crées par l’ Abbé Pierre, ou Coluche) ont été des précurseur dans l’économie du partage et du recyclage. C’est avec le numérique que celui-ci a trouvé son essor. Dans le Web 1.0 avec l’émergence des technologies de peer-to-peer auprès des geeks puis étendue petit à petit auprès des jeunes adultes..  Popularisée au point qu’elle semblait être devenue la norme. Battant en brèche le principe de propriété intellectuelle et les droits d’auteurs. Faisant au passage quelques victimes comme l’industrie musicale et l’industrie de la vidéo puis de l’édition avec son cortège de disparition d’entreprises.
 
Cette révolution qualifiée pendant un temps de nouvelle économie, ne fut qu’un mirage. Les différentes crises qui ont émaillé le secteur du numérique et les tentatives de contrôle, comme Hadopi ont été des échecs, mais elles permis d’annoncer les technologies Web 2.0, d’implanter de nouveaux usages et de les faire mieux accepter par le grand public.
 
Questionnant au passage les institutions et services sur leurs rôles auprès du public comme les Bibliothèques, qui avaient depuis un moment engagé des évolutions en intégrant les produits multimédia (vidéo, audio),  des jeux (ludothèque). Menant au passage des expérimentations comme l’intégration des ebooks et des tablettes auprès de leurs lectorats.
 
Conclusion partielle 
Ce premier document a permis de poser le cadre du cours, poser quelques éléments de débats et remis sur le devant de la scène la propriété intellectuelle, discipline qui jusque là était circonscrite au domaine du droit des brevets, une discipline cantonnée a des experts. Peu impactante sur notre quotidien. Il n’en a rien été. La modification des usages a transformé des pans entiers de notre paysage culturel, mettant à terre des géants que l’on croyait intouchable (Virgin, FNAC, Surcouf) et en consacrant d’autres (Google, Amazon).