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DEUXIEME TABLE RONDE : Vers une appropriation citoyenne des données publiques


La seconde table ronde (15:00 à 16:00) avait pour thème : « Vers une appropriation citoyenne des données publiques ? La data-visualisation pour concrétiser la visée démocratique de l’opendata »

Les Intervenants étaient, Léa Lacroix, collectif Opendata Rennes, Amandine Brugière de la Fing, Simon Chignard et son livre «L’open data, comprendre l’ouverture des données publiques », Bug, Stéphanie Wojcik, maître de conférences en sciences de l’information et de la communication à l’Université Paris 12 – Val-de-Marne Upec.

Pour Valérie Peugeot, l’Open data et la data-visualisation sont l’expression d’une utopie d’appropriation citoyenne plus ancienne. Chaque nouvelle génération depuis les années 70 promet des outils qui apporteront transparence et participation. Chaque nouvelle incarnation s’accompagnant de nouvelles déceptions, PC, Web 2.0 (Tofler, O’Reilly).

L’open data est le dernier phénomène émergent, en qui ont place beaucoup d’espoir.

Ne sommes nous pas dans un changement incrémental ou chaque technologie, chaque évolution apporte un changement mais un changement pas aussi radical que celui attendu.

La dataviz et l’open data vont certainement apporter leurs pierres à cet édifice. Il ne s’agit donc pas de faire ici un bilan de l’open aujourd’hui. le phénomène étant trop récent. Trois ans aux Etats-Unis, dix-huit mois dans les collectivités locales les plus audacieuses et six mois au niveau national Valérie Peugeot propose plutôt de se tourner sur la question de la transparence et l’aspect participatif que l’on souhaite accorder à ces deux mouvements. Si l’on regarde du côté de Sunlight Foundation qui a donné l’administration Obama. Qu’en est il aujourd’hui.

  • Est-ce que les citoyens peuvent participer grâce à l’Open data aux débats dans la cité au niveau local ou national.
  • S’ils le font, Comment le font ils ? Que produisent ils
  • Quel rôle joue les dataviz, amplifient-elles les qualités d’open data  ou le complexifient-elles.

Nous ne sommes pas les premiers à se poser ces questions, des chercheurs canadiens travaillent sur ses questions. Réduit on la fracture numérique ou au contraire donnent on des capacités supplémentaires à ceux qui sont déjà bien favorisés.

La manipulation des données nécessitent des appétences et des compétences qui ne sont pas données à tout le monde. Déjà au sein des rédactions et plus encore lors de la diffusion auprès du grand public.

Valérie Peugeot passa la parole à Léa Lacroix relata son expérience au sein du collectif OpenData Rennes qui a une pratique de cette question d’appropriation citoyenne.

Léa Lacroix évoqua son initiative locale à Rennes. L’évangélisation et évaluer les demandes, essentiellement l’accès aux données. Puis comment les faire parler. Petit à petit il y eut un effet boule de neige et de nombreuses personnes sont venues. Bien entendu. L’expérience n’ayant que six mois nous n’avons pas de projets à montrer. Nous favorisons les rencontres et essayons de favoriser l’émergence de thématiques sur le monde du libre. Pour nous faire plaisir, nous nous sommes aussi amuser avec les résultats électoraux mis en ligne par la Ville de Rennes

Simon Chignard, exposa sa perception de sujet et posa des questions :

Combien d’entre vous lit des blogs ? a déjà posté un commentaire, qui écrit sur un blog. Par ces questions, il essaie de montrer que l’une des tendances mondiales (programme ou soit programmé) que l’on essaie de faire émerger est que tout le monde va développer.

Ainsi on fait passer l’appropriation de l’open data par la programmation et uniquement la programmation.

Ainsi dans le monde des blogs, quand on écrit, on s’adresse à des gens qui lisent des blogs et non uniquement à ceux qui écrivent. Il en va de même pour l’open data.

Comme on a le droit de ne pas commenter, on doit avoir le droit de ne pas coder et prendre en compte l’animation comme une participation au mouvement.

De même qu’aux Etats-Unis l’open data a donné un large accès a des sources d’informations sur la criminalité. Peut être trop. Nous devons peut être aussi faire le deuil que toute information ne peut être libérée et utilisées par tous. Et comme le rappelle Valérie, les données libérées doivent être compréhensible par le commun des mortels.

Ainsi par exemple Arnaud Montebourg lança Opendata71, Arnaud Montebourg termina son discours par « la 6ème République commençera par l’open data ». Le jeu de données qui eut le plus de succès, fut celui des cartes postales, suivi par celui des prénoms. Doit on en conclure que la VI République commencera par la libéralisation des cartes postales ?. Plus sérieusement. Il y a des données qui ont vocation à être consultées et d’autres à être programmées

Amandine de la Fing, exposa sa vision de l’appropriation citoyenne. La Fing accompagne depuis trois ans les territoires dans l’ouverture des données publiques et plus particulièrement dans l’animation territoriale qu’il peut y avoir autour Nous nous sommes rendus compte qu’il est très difficile d’amener le grand public à utiliser les jeux de données. D’une part parce qu’ils ne voient pas on peut en faire. Utiliser un tableur n’est pas naturel, le manque de culture du chiffre et de la donnée en accroît la difficulté. Cela nécessite de compétences et comme les journalistes et peut être plus encore, les utilisateurs ont besoin de se constituer des équipes pour s’approprier les jeux de données et d’apporter de la valeur ajoutée. La Dataviz étant la cerise sur le gâteau, la dernière

étape de l’appropriation qui permet de montrer le résultat d’un processus fastidieux, le résultat de médiations intermédiaires. Nous avons donc mis sous le vocable d’infolab des expérimentations d’appropriations diverses et variées.

Les participants sont aussi divers et variés, ils peuvent être journalistes, documentalistes, statisticiens, développeurs, graphistes et produire des dossiers d’informations.

Les acteurs associatifs, du développement économique et social ont aussi un rôle à jouer. Les grandes ONG se sont emparés du sujet et croisés des données open source avec des données crowdsourcés. Avec pour objectif d’enrichir les données et réaliser des cartographies.

Simon Chignard, expose une expérience qu’il a réalisé tout au long de l’année universitaire « Hors les Murs de sciences Po », « Ville ouverte données ouvertes » avec des étudiants de Rennes sur les transports et la mobilité urbaine, expérience que l’on peut retrouver sur son site.

  1. La chasse aux données commence par une mise en pratique. Chaque groupe de quatre étudiants se voit remettre un kit et des instructions pour partir à la chasse aux données de mobilité.

Le kit contient :

une photographie aérienne du quartier, proposée sur le portail open data de Rennes Métropole, des gomettes de couleur, pour identifier chaque mode de transport : vélo/piéton, bus/métro, car/train, voiture, …

des instructions pour prendre une photo à l’aide d’un téléphone mobile / smartphone (nota : la plupart des étudiants en sont équipés : pas d’argent pour une voiture, mais du budget pour un téléphone… un autre signal faible ?).

Le quartier concentre un très grand nombre de modes de transport, les gares routières et ferroviaires, des stations de vélo en libre service, une station de taxis, de voitures en auto-partage, de métro, …

2. La mise en commun, après 45 minutes de chasse, les étudiants mettent en commun leurs découvertes. Chacun présente sa carte du quartier annotée et un court rapport d’étonnement.

3. La mise en lumière et la complexité et les enjeux, pour illustrer cet exercice, il utilise l’état de fonctionnement de l’ascenseur du métro, une donnée ouverte.

Par exemple, dans la gare de Rennes il y a deux ascenseurs situés de chaque côté des escalators et séparés à peine de quelques dizaines de mètres. Celui de gauche relie la station de métro, le hall de la gare et l’accès au premier étage (où se situent les guichets et l’accès aux quais). Il est géré par l’exploitant du métro, Keolis Rennes (filiale de la SNCF) et son état de fonctionnement est une donnée ouverte – c’est-à-dire qu’elle est disponible pour la réutilisation via la plate-forme open data de l’opérateur.

Celui de droite est apparemment géré par Gares & Connexions (une autre filiale de la SNCF) qui ne fournit pas cette même donnée en mode ouvert. Si l’on cherche à développer un service en ligne pour l’accès des personnes à mobilité, la différence est très nette. Cet exemple, relevé par les étudiants, permet d’illustrer concrètement la complexité institutionnelle du sujet.

La boite a outils des dataviz demandent des compétences pointues. Hormis les outils Google. Les outils sont complexes et peu accessible au grand public. Doit-on se former le plus tôt possible ?. Ou doit-on-faire appel à la communauté du logiciel libre.

D’une part, il n’y a pas de corrélation entre impact d’une dataviz et complexité des outils des outils. Il est tout a fait possible de réaliser une visualisation percutante sans utiliser de logiciel complexe. Toutefois, nous n’échapperont pas à un apprentissage qui devra commencer dès le collège ou le lycée. Mais elle ne fait pas non plus l’économie d’une analyse.

Les statisticiens n’ont pas attendu l’open data pour évoquer les fausses corrélations. La dataviz n’est peut être pas vocation d’être grand public.

Simon chignard, la dataviz était pendant un moment l’élément magique qui justifiait l’appropriation. Il revient aussi sur notre esprit critique et nos capacités à remettre en cause les éléments que l’on nous donnes.

Citant deux exemples. Un sur GapMinder, en reprenant deux cartes, et en tirant l’affirmation» suivante : là où on fume le plus on vit le plus longtemps. Pointant la confusion entre causalité et corrélation. Le deuxième exemple trouvée sur le site

http://blogfr.communes.com/infographie-open-data-en-france.html

« 3% des acteurs ont libéré au moins 4 jeux de données sur le volet budget »

14+1+4 faisant 19. 3% des acteurs 0,54, donc moins d’un acteur. Fait que le raisonnement ne tient pas.

Même constat dans la texte suivant : 3% des acteurs ont libéré au moins 4 jeux de données sur le volet budget.

Pour conclure : Ce n’est pas parce qu’on a oublié nos données qu’il faut oublier notre sens critique.

Pour aller plus loin : http://www.lavoixdudodo.info/2010/02/05/les-donnees-ouvertes-futur-eldorado-du-journalisme/

Association VECAM : http://vecam.org/

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