Archives du mot-clé gares

Mobilite et LGV – 4/4


Et demain ?

Penser la ville de demain est une thématique passionnante. Mais une thématique qui demande une vision stratégique à très long terme, puisque les conséquences des infrastructures dépasseront les soixante dix ans, voir le centenaire. Les décideurs et plus particulièrement les hommes et femmes politiques, par leur mandat, sont confrontés à des échéances courtes qui ne leur permettent pas de bénéficier des efforts mis en oeuvre. Pourtant la ville est un être vivant, qui évolue et qu’on ne peut figer. Ainsi, le Paris du Moyen-Age avec ses remparts,et ses donjons a laissé la place aux hotels particuliers sous l’Ancien Régime puis aux grandes avenues et immeubles sous Napoléon III et Hausmann.  Le Xxe Siècle par petites touches a marqué la capitale de son empreinte. Le Paris du XXIe siècle et peut être du XXIIe siècle verra peut être se transformer la ville et son territoire environnant, mettant fin a la maxime « Paris et le désert Français ».

En effet, avec 37 millions de déplacements quotidiens en Ile-de-France, dont 10,5 millions pour la seule ville de Paris (6,5 millions à l’intérieur de Paris et 4 millions entre Paris et la banlieue), la pression exercée par les usages sur les infrastructures à une usure accélérée. Les collectivités territoriales ainsi que les entreprises chargées de l’entretien seront soumises à rude épreuve. Quant aux riverains, les nuisances impacteront directement la valeur des biens immobiliers et leur qualité de vie.

Les perspectives pour 2030/2040, selon les modélisations effectuées par Société Vinci/LaFabriquedelacité et son outil Pirandello®, devraient voir 2 millions d’individus supplémentaires dans le bassin parisien. Evolution que les transports, routiers et collectifs, ne peuvent déjà pas absorber à l’heure actuelle. Conséquence : à défaut d’un étalement de la ville et d’un effet de centrifugeuse éloignant de plus en plus loin les classes populaires et allongeant du même coup les temps de transports, les entreprises auront de plus en plus de mal à recruter et les salariés à se loger. L’impact économique se soldant pour la France d’un coût de 5% du PIB par tranche de 5 mn de transport supplémentaire.

 

Conclusion :

Les villes traversées par le TGV à moins d’une heure de paris (Reims, Rouen, Vendôme, Lille, Orléans) sont donc très probablement, voire certainement, des axes stratégiques de développement économique, la spéculation et l’effet d’aubaine en étant les ennemis. La structure et la qualité de l’offre immobilière proposée aux nouveaux arrivants (entreprises et ménages) est un argument majeur à mettre en valeur.

Il ne faut pas se cacher que la concurrence est rude à tous les niveaux. La fin de la taxe professionnelle, qui correspond très souvent à près de 50% des budgets des collectivités, met à mal leur capacité d’investissement déjà atteinte par la crise. Les collectivités territoriales seront d’autant plus a l’écoute des investisseurs potentiels que l’argent est le nerfs de la guerre et que de nouveaux entrants existent. Sous l’oeil de Bercy, les fonds d’investissements islamiques (les echos 06/07/2010) pourraient prochainement être de nouveaux partenaires économiques dans l’immobilier (Livre blanc de la finance islamique).  La France est bien perçue des Emirats », souligne Patrick Genre, Directeur Général de DTZ Asset Management. « Avec un cadre juridique adapté, elle pourrait devenir le premier pays européen pour le financement islamique de l’immobilier. »

Avec 45% de logements HLM et les hectares de champs de betteraves autour de Reims, le prix du m2 bâti devrait rester stable. Les questions liées à la rénovation ou la destruction de bâtiments d’après-guerre se posera à plus ou moins long terme pour la collectivité locale lorsque le Grenelle de l’Environnement sera pleinement effectif. Que penser d’une ville dont la population ne peut accéder à l’achat immobilier (75% du parc est loué et 25% sont propriétaires).

 

 

Autres liens :

http://www.apur.org/

 

 

Publicités